L’essentiel à retenir : la sécurité du cloud s’apparente à une maison dont la solidité dépend de la fermeture des portes. Avec 99% des failles dues à des erreurs de configuration, les scanners automatiques montrent leurs limites. Un pentest rigoureux devient indispensable pour identifier ces accès dérobés et comprendre comment un simple oubli peut compromettre l’ensemble des données critiques.
Votre infrastructure est-elle une forteresse imprenable ou une simple maison aux fenêtres ouvertes ? Un audit de sécurité via un pentest cloud aws azure démontre souvent que le danger réel ne vient pas d’un piratage sophistiqué, mais d’une configuration par défaut négligée. Identifiez dès maintenant ces failles silencieuses pour transformer vos accès en véritables coffres-forts numériques.
- Le cloud n’est pas une forteresse, mais une maison aux portes ouvertes
- AWS : les erreurs classiques qui exposent vos données
- Azure : les pièges spécifiques à l’univers Microsoft
- Le pentest cloud : plus qu’un scan, une simulation d’attaque réelle
- La boîte à outils du pentesteur cloud : méthodes et outils incontournables
- Au-delà du cloud : le risque hybride et multi-cloud
Le cloud n’est pas une forteresse, mais une maison aux portes ouvertes
L’ennemi n’est pas le hacker, c’est le clic de trop
Oubliez le mythe du génie encapuchonné qui tape des lignes de code à toute vitesse. La majorité des fuites ne viennent pas de failles zero-day complexes. Le vrai coupable, c’est souvent une mauvaise configuration, un oubli bête, une case cochée par erreur.
Imaginez une maison équipée d’une alarme militaire, mais dont la porte d’entrée reste grande ouverte. C’est inutile, pourtant c’est le quotidien de la sécurité AWS Azure mal gérée.
Le cloud est sécurisé par défaut par le fournisseur. C’est votre configuration spécifique qui perce les murs et crée les brèches.
Le modèle de responsabilité partagée : la zone grise que les attaquants adorent
Comprenez bien le deal : AWS ou Azure sécurisent « le cloud » […] Vous, vous devez sécuriser ce qu’il y a « dans le cloud » : vos données, vos configurations et vos accès.
C’est précisément dans cette zone de responsabilité du client que se nichent 99% des erreurs. Beaucoup pensent être protégés par défaut, à tort.
AWS garantit que personne n’entrera physiquement dans son data center pour voler un disque dur. Mais ils ne peuvent rien faire si vous rendez votre base de données accessible à tout Internet via une règle de pare-feu mal configurée.
Pourquoi un simple scan de vulnérabilités ne suffit plus
Les outils automatisés (CSPM) sont certes utiles, mais ils restent limités. Ils listent les problèmes de manière isolée, sans contexte, un peu comme un correcteur orthographique qui ignore le sens.
Ces scanners génèrent énormément de « bruit » inutile pour les équipes. Ils ne font pas la différence entre une porte ouverte qui donne sur un mur en briques et une qui mène directement au coffre-fort.
C’est là qu’intervient le vrai pentest cloud. Son but n’est pas de lister bêtement les failles, mais de les exploiter pour démontrer un impact financier réel. Il raconte l’histoire concrète d’une attaque potentielle, du début à la fin.
Une fuite de données n’est jamais le fruit d’une seule erreur monumentale, mais d’une chaîne de petites négligences que seul un œil humain peut assembler pour prouver le risque.
AWS : les erreurs classiques qui exposent vos données
Maintenant que le décor est planté, voyons concrètement comment ces erreurs se matérialisent chez le leader du marché, Amazon Web Services. Les exemples qui suivent sont malheureusement bien trop réels.
Le bucket s3 public : la porte d’entrée la plus connue du web
Pensez à un bucket S3 comme à un disque dur posé directement sur internet. Par défaut, il est privé, mais une simple mauvaise configuration bucket S3 peut le rendre totalement public, permettant à n’importe qui de lire ou modifier vos fichiers.
On y trouve souvent ce que j’appelle le « trésor » de l’entreprise : des backups complets de bases de données, des documents clients confidentiels et même des clés d’API. C’est effrayant.
Rappelez-vous l’incident d’AOL/MSN : un bucket inscriptible a permis à des pirates d’injecter un mineur de cryptomonnaie directement sur la page d’accueil de MSN. Cela illustre parfaitement la gravité du risque.
Iam : quand les clés du royaume sont données à tout le monde
IAM (Identity and Access Management) est le système nerveux central de votre sécurité AWS. C’est ce gardien rigoureux qui dicte précisément « qui a le droit de faire quoi » dans votre environnement.
Le danger réside dans les permissions IAM excessives. La tentation est grande d’accorder des droits administrateur (« : ») pour que « ça marche » vite, mais c’est une bombe à retardement. Une seule clé compromise offre alors un accès total.
Lors d’un pentest cloud aws azure, nous adorons tomber sur des rôles IAM mal configurés. C’est notre voie royale pour l’escalade de privilèges et la prise de contrôle total du compte AWS.
Les autres portes dérobées courantes sur aws
Parlons des Security Groups trop permissifs. L’erreur classique consiste à ouvrir le port RDP (3389) ou SSH (22) au monde entier (0.0.0.0/0). C’est exactement comme laisser la clé de sa maison sous le paillasson.
Les métadonnées d’instance sont aussi une cible de choix. Une vulnérabilité de type SSRF sur une application web permet souvent de voler les identifiants de l’instance, comme détaillé dans ces techniques de vol de crédentials via SSRF.
Enfin, les snapshots EBS publics et les secrets codés en dur dans le code (IaC, Lambda) sont d’autres points d’entrée fréquents.
- Groupes de sécurité ouverts : Exposer des ports sensibles (RDP, SSH, bases de données) à tout Internet.
- Métadonnées d’instance accessibles : Permettre le vol de crédentials via des failles applicatives comme les SSRF.
- Snapshots de disques publics : Rendre des copies entières de vos serveurs et bases de données accessibles à tous.
- Secrets en clair : Laisser des clés d’API ou des mots de passe dans le code ou les variables d’environnement.
Azure : les pièges spécifiques à l’univers Microsoft
Si les principes de base restent identiques, le diable se loge souvent dans les détails techniques. Passons maintenant à l’écosystème Microsoft. Lors d’un pentest cloud AWS Azure, on constate que si les noms des services changent, les risques de configuration demeurent tout aussi critiques.
Le conteneur de stockage blob, cousin du bucket s3
Azure Blob Storage fonctionne exactement comme le S3 d’AWS dans sa logique fondamentale. Le danger majeur reste cette case cochée par erreur ou méconnaissance : l’accès configuré en « public » ou « anonyme ». C’est une porte grande ouverte sur vos données.
Prenez ce cas réel effrayant où un conteneur mal configuré a tout ruiné. Un simple fichier de backup .bacpac accessible a permis de siphonner une base de données client complète. L’impact financier et réputationnel est immédiat et dévastateur.
Croyez-moi, c’est la première vulnérabilité que je traque lors d’un audit d’infrastructure cloud sur Azure. C’est l’erreur qui ne pardonne pas.
Azure ad (entra id) : le cœur de l’identité et ses faiblesses
Azure Active Directory, désormais rebaptisé Microsoft Entra ID, constitue la colonne vertébrale de l’identité pour Microsoft 365. C’est l’équivalent direct de l’IAM, mais avec des ramifications bien plus vastes et complexes.
Le vrai danger vient souvent des « Service Principals », ces identités applicatives invisibles. Si une application dotée de permissions excessives est compromise, elle devient un point de pivot idéal pour attaquer tout l’environnement Azure.
Ne sous-estimez pas non plus les consentements d’applications OAuth abusifs. Ajoutez-y des utilisateurs invités mal gérés, et vous obtenez des portes d’entrée souvent totalement négligées.
Les erreurs de configuration propres à l’écosystème azure
Parlons des « Network Security Groups » (NSG), les jumeaux des Security Groups d’AWS. La même négligence s’applique ici : exposer vos machines virtuelles ou services critiques directement à Internet sans aucune restriction. C’est suicidaire.
La gestion des secrets via Azure Key Vault est un autre point critique. Une politique d’accès mal ficelée suffit pour qu’un utilisateur curieux ou une application lise tous les secrets de l’entreprise.
Surveillez aussi les disques non chiffrés par défaut, c’est un classique. De même, les bases SQL Azure avec des règles de pare-feu trop permissives restent des cibles faciles.
- Conteneurs de stockage publics : Rendre des fichiers, backups ou données sensibles accessibles anonymement sur Internet.
- Permissions excessives sur Azure AD : Attribuer des rôles d’administrateur global à des utilisateurs ou des applications qui n’en ont pas besoin.
- Network Security Groups (NSG) trop ouverts : Autoriser le trafic entrant depuis n’importe quelle source vers des services critiques.
- Mauvaise gestion des secrets dans Key Vault : Permettre un accès non restreint aux mots de passe, certificats et clés d’API.
Le pentest cloud : plus qu’un scan, une simulation d’attaque réelle
On a vu les failles. Maintenant, comment les trouve-t-on de manière efficace ? Oubliez les listes de vulnérabilités à rallonge. Un vrai test d’intrusion cloud raconte une histoire : celle d’une compromission.
La différence fondamentale : trouver une faille vs prouver un risque
Un scanneur automatisé de type CSPM va simplement vous signaler froidement : « Ce bucket S3 est public ». C’est une information brute, technique, mais qui manque cruellement de contexte sur la dangerosité immédiate.
Un expert en pentest cloud aws azure ira beaucoup plus loin dans la démarche. Il va fouiller concrètement ce qu’il y a DANS le bucket pour évaluer la sensibilité des fichiers.
S’il y trouve une clé d’API, il l’utilisera sans hésiter pour voir jusqu’où il peut aller. C’est ça, la différence : le scan trouve la porte ouverte, le pentesteur la franchit pour voir si elle mène au trésor.
L’art du « chaining » : comment une petite erreur en entraîne une grosse
C’est ici qu’entre en jeu le concept redoutable d' »attack path chaining« . C’est la compétence clé d’un expert en sécurité cloud, car il ne s’arrête jamais à la première anomalie détectée.
Imaginez le scénario : une permission IAM un peu trop large, combinée à une information technique trouvée dans un bucket public, permet soudainement d’accéder à une fonction Lambda.
Cette fonction Lambda, à son tour, possède un accès légitime à la base de données de production. Voilà comment on passe d’une « petite » erreur de config à une exfiltration de données massive.
Un audit de configuration vous donne une liste de problèmes. Un pentest vous donne un chemin d’attaque exploitable qui prouve l’impact réel sur votre business.
Les règles du jeu : que peut-on tester sur aws et azure ?
Soyons clairs : on ne « pirate » pas l’infrastructure d’Amazon ou de Microsoft. Le pentest ne vise que l’infrastructure du client, car les fournisseurs imposent des règles d’engagement très claires pour protéger leur écosystème.
Sachez que les tests de type DoS/DDoS sont strictement interdits par les plateformes. Le but n’est pas de faire tomber les services par la force brute, mais de trouver des chemins d’accès discrets.
La bonne nouvelle, c’est que les deux plateformes n’exigent plus d’autorisation préalable pour la plupart des tests standards, ce qui facilite grandement la démarche opérationnelle.
Pour les détails techniques, consultez les règles officielles sur AWS et Azure.
La boîte à outils du pentesteur cloud : méthodes et outils incontournables
Concrètement, comment se déroule un test d’intrusion sur une infrastructure cloud ? Il ne s’agit pas d’une magie noire, mais d’une approche structurée, soutenue par des outils spécialisés.
Les grandes étapes d’un audit de sécurité cloud
Tout commence par la reconnaissance. On cartographie méticuleusement la surface d’attaque externe pour identifier chaque actif exposé, qu’il s’agisse de domaines ou de services oubliés.
Vient ensuite la phase d’énumération et d’exploitation. Ici, le pentesteur cherche activement les erreurs de configuration, comme un bucket mal sécurisé, et tente de les utiliser pour entrer.
Enfin, on passe à la post-exploitation. L’objectif est de pivoter latéralement, d’escalader les privilèges et de rédiger un rapport clair pour transformer ces failles en actions correctives.
- Reconnaissance : Identifier les domaines, les sous-domaines, les adresses IP, les buckets S3 et les conteneurs de stockage exposés.
- Énumération des services et des identités : Scanner les ports ouverts, lister les rôles IAM et les utilisateurs Azure AD.
- Exploitation des configurations faibles : Tenter d’accéder aux ressources publiques, d’exploiter des permissions excessives.
- Post-exploitation et preuve d’impact : Démontrer le risque en accédant à des données sensibles ou en escaladant les privilèges.
- Rapport et remédiation : Fournir un plan d’action clair pour corriger chaque faille identifiée.
Les outils du métier : AWS vs Azure
Si de nombreux scanners prétendent être multi-cloud, la réalité du terrain exige des spécialistes. Chaque écosystème possède ses propres subtilités que seul un outil dédié peut vraiment exploiter.
Pour un pentest cloud aws azure, on sort l’artillerie lourde. Sur Amazon, Prowler est la référence pour l’audit de configuration, tandis que Pacu sert de framework d’exploitation offensif.
Côté Microsoft, je recommande souvent MicroBurst. C’est une collection redoutable de scripts PowerShell pour l’audit, couplée aux outils natifs pour interroger et tester la robustesse d’Azure AD.
Pourtant, pour dégrossir le travail, des solutions comme ScoutSuite restent pertinentes. Elles sont multi-cloud et offrent cette première vue d’ensemble indispensable sur les deux plateformes avant d’approfondir.
Tableau comparatif des cibles de pentest AWS et Azure
Ce tableau synthétise les points de contrôle critiques pour chaque plateforme. C’est un guide pratique pour comprendre exactement où les pentesteurs vont chercher la faille en priorité.
| Catégorie de test | Cible prioritaire sur AWS | Cible prioritaire sur Azure | Exemple d’impact métier |
|---|---|---|---|
| Stockage de données | Buckets S3 avec ACL/politiques publiques. | Conteneurs Blob avec accès public/anonyme. | Fuite massive de données clients, secrets, backups. |
| Gestion des identités et accès | Rôles IAM avec permissions excessives (:). | Rôles Azure AD (Entra ID) et Service Principals sur-privilégiés. | Escalade de privilèges, prise de contrôle totale du compte. |
| Sécurité réseau | Security Groups ouverts sur 0.0.0.0/0. | Network Security Groups (NSG) avec règles « Any/Any ». | Exposition de services vulnérables (RDP, SSH, DB) aux attaques par force brute. |
| Services de calcul | Métadonnées d’instance EC2 accessibles via SSRF. | Accès non sécurisé au portail de gestion de VM. | Vol de crédentials, pivot vers d’autres services cloud. |
Ce tableau n’est évidemment pas exhaustif. Il couvre néanmoins les « quick wins » les plus courants qu’un attaquant exploitera sans hésiter.
Au-delà du cloud : le risque hybride et multi-cloud
Penser que les environnements sont cloisonnés est une erreur. La réalité des entreprises est souvent hybride, et c’est là que se créent des chemins d’attaque encore plus sournois.
Le pont empoisonné : de l’active directory local à azure ad
La plupart des entreprises synchronisent leur Active Directory (AD) local historique avec Azure AD via l’outil Azure AD Connect. C’est une pratique standard, mais elle crée un lien physique direct.
Le risque est mécanique : une compromission sur le réseau interne, souvent moins surveillé, permet à un attaquant de modifier un compte. Ce compte altéré est ensuite automatiquement synchronisé vers le cloud par vos propres processus légitimes.
Ce compte devient alors un cheval de Troie redoutable pour attaquer directement les ressources Azure de l’intérieur.
Le pivot ultime : d’azure ad vers aws
Imaginez maintenant un scénario d’attaque avancé dans un contexte multi-cloud. De nombreuses structures utilisent Azure AD comme fournisseur d’identité central (IdP) pour simplifier la gestion des accès.
Elles configurent ensuite une fédération d’identité pour que les utilisateurs Azure AD puissent se connecter à AWS. C’est pratique, mais cela crée un pont invisible entre les deux géants.
L’attaquant qui a compromis un compte sur Azure peut alors « pivoter » et obtenir un accès à l’environnement AWS, souvent avec des privilèges élevés. C’est tout l’enjeu du pentest cloud aws azure.
Pourquoi un pentest doit couvrir toute la chaîne d’identité
Un pentest cloud moderne ne peut pas ignorer ces points de jonction. Auditer AWS ou Azure de manière isolée donne une vision partielle et trompeuse de la sécurité. C’est vérifier la serrure en ignorant la fenêtre ouverte.
L’identité est le véritable fil conducteur. La posture de sécurité réelle de votre organisation se mesure uniquement à la solidité de cette chaîne d’identité, de bout en bout.
C’est ce type d’analyse complexe, simulant un attaquant déterminé, qui sépare un simple audit de conformité d’un véritable test d’intrusion à haute valeur ajoutée.
La sécurité du cloud ne dépend pas de la solidité des murs d’Amazon ou Microsoft, mais de la vigilance avec laquelle vous verrouillez vos propres portes. Une simple erreur de configuration suffit à tout compromettre. Au-delà des scans automatiques, seul un test d’intrusion réaliste permet de révéler ces failles invisibles et de protéger durablement votre patrimoine numérique.
FAQ
Pourquoi un simple scan de vulnérabilités ne suffit-il pas pour sécuriser mon cloud ?
Imaginez un scan comme un agent de sécurité qui vérifie si vos fenêtres sont fermées, mais sans jamais essayer d’ouvrir les portes. Un pentest cloud va beaucoup plus loin grâce à la technique du « chaining » (chaînage). Le pentesteur ne se contente pas de lister une faille isolée ; il l’exploite pour voir si elle permet d’accéder à une autre ressource, créant ainsi un chemin d’attaque complet.
Là où un scanner voit une simple erreur de configuration, le pentest démontre comment cette petite négligence peut mener à une compromission totale de vos environnements AWS ou Azure. C’est la différence entre savoir qu’une serrure est fragile et prouver qu’on peut cambrioler la maison.
Concrètement, comment un bucket S3 mal configuré peut-il impacter mon entreprise ?
Le risque dépasse souvent la simple fuite de données. Prenez l’exemple de l’incident AOL : des attaquants ont profité d’un bucket S3 ouvert en écriture pour modifier un script publicitaire et injecter un mineur de cryptomonnaie. Résultat : les ressources des visiteurs étaient piratées à leur insu.
Une mauvaise configuration des droits d’accès (ACL) transforme votre espace de stockage en dossier public. Cela peut permettre à n’importe qui de lire vos secrets industriels, ou pire, d’injecter du contenu malveillant qui infectera vos propres clients. C’est comme laisser votre coffre-fort ouvert sur le trottoir.
Qu’est-ce qu’une attaque SSRF sur AWS et pourquoi cible-t-elle les métadonnées ?
Une attaque SSRF (Server-Side Request Forgery) consiste à tromper votre serveur pour qu’il accède à des informations qu’il ne devrait pas divulguer. Sur AWS, la cible privilégiée est le service de métadonnées (IMDS), véritable carte d’identité de votre instance EC2.
Si un attaquant accède à ces métadonnées, il peut voler les identifiants temporaires IAM de la machine. Avec ces clés en main, il hérite de tous les droits de l’instance. Pour vous protéger, la migration vers IMDSv2 est impérative, car elle ajoute une couche d’authentification (un « token ») qui bloque la majorité de ces attaques.
Le stockage sur Azure est-il plus sûr qu’AWS face aux fuites de données ?
Non, la logique est identique et les risques aussi. Sur Azure, l’équivalent du bucket S3 est le Blob Storage. Une erreur humaine, comme configurer un conteneur en accès « public » ou « anonyme », peut avoir des conséquences désastreuses, comme l’a prouvé la fuite d’une sauvegarde de base de données d’Ernst & Young.
Que ce soit sur AWS ou Azure, le problème n’est pas la technologie, mais la configuration. Un fichier de backup (.BAK) laissé dans un conteneur public est une invitation au vol de données massif. L’audit de ces configurations est donc une étape non négociable.
Comment une identité applicative (Service Principal) peut-elle compromettre mon tenant Azure ?
Dans Azure AD (Entra ID), les applications possèdent des identités appelées Service Principals. Si l’un d’eux dispose de droits excessifs, comme le rôle d’Administrateur d’Application, il peut devenir le premier domino d’une chaîne d’attaque redoutable.
Un attaquant qui compromet ce Service Principal peut réinitialiser les mots de passe d’autres comptes plus puissants, et par un jeu de mouvements latéraux, finir par obtenir les droits d’Administrateur Global. C’est pourquoi le pentest vérifie toujours la hiérarchie des droits : on ne donne pas les clés du château au jardinier.
Les liens de partage (SAS) sur Azure sont-ils une porte dérobée vers mes données ?
Absolument, s’ils sont mal générés. Une Signature d’Accès Partagé (SAS) est comme un double des clés que vous donnez temporairement. Le danger réside dans sa configuration : une date d’expiration trop lointaine ou des permissions trop larges (lecture, écriture, liste) transforment ce lien en faille critique.
Lors d’un audit, nous analysons ces tokens. Si un lien permet de « lister » le contenu d’un conteneur entier alors qu’il ne devrait donner accès qu’à un seul fichier, un attaquant peut s’en servir pour explorer et exfiltrer toutes vos données sensibles sans jamais s’authentifier formellement.


